LES 1er RESULTATS DE L’ENQUETE DE VICTIMATION 2007

 

Retrouver l’ensemble des publications de l’Observatoire national de la délinquance sur le site Internet : www.inhes.interieur.gouv.fr

 

Au 1er trimestre 2007, l’INSEE a mené en partenariat avec l’Observatoire national de la délinquance (OND) une enquête appelée : « Cadre de vie et de sécurité » auprès de plus de 17 000 ménages. Il s’agit d’une enquête de victimation , ce qui signifie que les personnes enquêtées sont interrogées sur les atteintes qu’elles ont pu subir récemment et leurs opinions en matière de sécurité.

Rubrique « Les victimes de violences physiques et de violences sexuelles en 2005 et 2006 »


Elle étudie la question des violences sous l’angle du nombre de victimes sur 2 ans. Il aborde tous les types de violences non crapuleuses ( hors vols), y compris les violences au sein des ménages.

Les principaux enseignements extraits de l’article

« Les victime de violences physiques et de violences sexuelles en 2005 et 2006 « 
- 2 000 000 de personnes de 18 à 60 ans, soit 5,6% d’entre elles, ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours des années 2005 et 2006.
En 2005 et 2006, sur les 1,6 000 000 de personnes ayant déclaré avoir été victimes d’au moins un acte de violences physiques, 50% ont été victimes de violences de la part d’une personne vivant avec elle.

- 930 000 victimes de violences physiques commises par une personne qui ne vit pas avec elles, dites violences hors ménage, et d’autre part, 820 000 victimes d’un auteur qui vit avec elle (violence intra-ménage).
La violence physique à l’intérieur des ménages se révèle comme un phénomène d’une fréquence comparable à celle des autres violences physiques.

- 1,3 % des personnes de 18 à 60 ans ont déclaré avoir subi au moins un acte de violences sexuelles (hors ou au sein du ménage) en 2005 et 2006.
475 000 dont les ¾, soit 350 000 personnes ont subi des violences sexuelles hors ménage.

 

Hommes et femmes victimes

Les hommes sont majoritairement parmi les victimes de violences physiques hors ménage alors que les violences sexuelles hors ménage et les violences physiques ou sexuelles intra-ménage visent le plus souvent des femmes.
Hors ménage, en 2005 et 2006, 550 000 homes et385 000 femmes ont été victimes de violences physiques
Au sein des ménages, 530 000 femmes et 300 000 hommes victimes de violences physiques.
Le rapport homme/ femme est encore plus déséquilibré en matière de violences sexuelles hors ménage, alors que 260 000 femmes en ont été victimes en 2005 ou 2006. Soit 1,5 % d’entre elles, ce nombre est inférieur à 100 000 pour les victimes masculines, soit 0,5 % d’entre elles.
Toutes formes de violences confondues, ce sont près de 1,1 000 00 de femmes de 18 à 60 ans qui en ont été victimes en 20à5 et 2006.et environ 900 000 hommes, ce qui correspond à une proportion de femmes victimes de 6,1 % qui est significativement plus élevé que celles des hommes (5,1%)

 

Caractéristiques des atteintes subies

Les victimes hors ménage ont déclaré le plus souvent avoir subi un seul acte de violence en 2005 et 2006 alors que, dans leur majorité, les victimes d’une personne vivant avec elles ont subi 2 atteintes ou plus. En particulier, près de la moitié des femmes de 18 à 60 ans, victimes e violences au sein du ménage déclarent au moins «  actes e 2005 et 2006.
Que ce soit à la suite des violences physiques hors ménage ou en son sein, la proportion de victimes ayant subi des blessures est d’environ 40%. La fréquence des violences suivies de blessures ne diffère pas selon le sexe lorsqu’il s’agit de violences hors ménage.
En revanche, alors que 50% des femmes victimes de violences intra-ménage ont subi des blessures, cette part ne dépasse pas 20% pour les hommes victimes. Il existe donc une forte disparité entre hommes et femmes victimes de violences intra-familiales en terme de nombre, de fréquence, de gravité des atteintes physiques et aussi des conséquences psychologiques.
Près de 53% des femmes victimes de violences physiques intra-ménage déclarent que les actes subis leur ont causé des dommages psychologiques plutôt importants, voire importants. Cette part est 2 fois moins élevée pour les hommes victimes.

On estime que le nombre de victimes de viols et tentatives est d’environ 230 000 dont un peu plus de 130 000 ont subi un viol, soit 28,3% des victimes de violences sexuelles de 18 à 60 ans, en 205 et 2006. Le nombre d’hommes se déclarant victimes de viols est quasiment nul, ce qui signifie que les 130 000 victimes de viols sont presque exclusivement des femmes.

 

Les auteurs de violence

Près de 88% des auteurs de violences physiques hors ménage sont des hommes, sachant que lorsque la victime est aussi un homme cette proportion atteint 95%. Les femmes victimes de violences physiques hors ménage ont été à 78% victimes d’hommes mais aussi, pour 17,8% d’entre elles, victimes d’une autre femme.

Pour les violences hors ménage, les hommes sont en majorité (58,8%) victimes d’un inconnu alors que l’auteur est connu personnellement par 55% des femmes victimes. Il s’agit pour 32% d’entre elles, d’un ex-conjoint : en 2005 et 2006, environ 120 000 femmes ont été victimes de violences physiques de la part d’un ex-conjoint.

Pour plus de 50% des 890 000 victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du ménage, soit 450 000 personnes, l’auteur des faits subis est le conjoint. On mesure ainsi que 1,8% des personnes de 18 à 60 ans vivant en couple ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint en 2005 ou 2006.
Cette part atteint 2,6% chez les femmes de 18 à 60 ans vivant en couple.
On estime le nombre de femmes victimes de leur conjoint sur 2 ans à plus de 330 000.Il est 3 fois supérieur à celui des hommes ayant déclaré avoir été victimes de leur conjoint.
La gravité des conséquences des violences subies entre conjoint est bien différente selon le sexe de la victime. Moins de 10% des hommes victimes de violences intra-ménage dont l’auteur est le conjoint déclarent qu’elles lui ont causé des blessures alors que 48% des femmes victimes de leur conjoint sont dans ce cas.

 

Le signalement des violences

La proportion des victimes de violences sexuelles hors ménage ou de violences intra-ménage qui ont porté plainte ne dépasse pas 10%. Ce que l’on peut appeler le taux de plainte s’établit pour les violences sexuelles hors ménage à 8,4% pour les violences intra-ménage à 8 ,8 %. Ces valeurs sont particulièrement faibles, eu égard notamment à la fréquence de la plainte en cas de violences physiques hors ménage qui se situe à 28,8% ou ne cas de vols avec violence à 52%.

Même s’il s’élève en cas de viol et tentatives ou en cas de violences physiques intra-ménage suivies de blessures, y compris pour ces atteintes que l’on peut identifier comme les plus graves, le taux de plainte demeure faible en comparaison de celui des autres atteintes violentes aux personnes, il est inférieur à 12 % pour les viols et tentatives et ne dépasse pas 16% pour les violences intra-ménage avec blessures.
Plus de 75% des victimes de violences sexuelles hors ménage et 84% des victimes de violences intra-ménage n’ont fait aucun signalement à la police ou la gendarmerie, que ce soit sous forme de plainte ne et de main courante.

Interrogées sur les motifs de ce que l’on appelle le « non-report », les victimes de violences sexuelles expliquent près de 2 fois sur 3 »que cela n’aurait servi à rien » ou encore qu’elles ont préféré « trouver une autre solution ». Ce motif revient encore plus souvent chez les victimes de violences intra-ménage, plus de 77% l’invoquent pour motiver l’absence de signalement. Cette volonté « de trouver » une autre solution est même citée par plus de 82% des femmes victimes de violences intra-ménage.

Plus de 70% des personnes ayant subi au moins un acte de violence en 2005 ou 2006 qui se sont déplacées auprès de la police ou de la gendarmerie déclarent que le temps qui leur a été accordé et que la confidentialité de l’échange qu’elles ont pu avoir ont été satisfaisant. La proportion des victimes satisfaites de l’écoute et de la confidentialité de l’échange est particulièrement élevée, proche de 80%, lorsqu’elles se déplacent pour des faits de violences physiques hors ménage. Elle est plus faible, voisine de 56%, pour l’écoute et la confidentialité de l’échange selon l’avis exprimé par les victimes de violences sexuelles hors ménage ou de violences physiques ou sexuelles en son sein.

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